Défis

Défi 2018 : Spartan Race Beast de Morzine – 07 Juillet 2018

L’article rédigé ci-dessous résume mon défi 2018 à savoir ma participation à la SPARTAN RACE BEAST de Morzine considérée comme la course d’obstacle la plus difficile d’Europe. Celle-ci s’est tenue le 7 juillet 2018. Elle a débuté pour moi à 10h du matin et s’est terminée à 18h35. Récit.

Spartan Race Beast. Rien que le nom fait trembler car je n’ai rien d’une BEAST (une « bête » pour les non-anglophones). Jean, Niels, Jean-Luc, Jérémie et Romain, les 5 compères qui m’accompagneront dans cette aventure ont tous des corps d’athlètes. Ils ont ce qu’on appelle communément des « six-packs », c’est-à-dire des abdos bien formés grâce notamment à de nombreuses heures d’entraînement au Crossfit. De mon côté, rien de tout ça. Comme dirait mon beau-frère « Why having a six-pack when you can have a barrel ?” (blague non traduisible en français). Je l’assume, j’ai plutôt un baril qu’un six-pack. Oui, j’aime les Dames blanches, les tablettes de Crunch et autres cochonneries du type Big Mac qui développent ces poignées d’amour qui ne me quittent pas. De plus, j’ai souvent tendance à finir les plats de mes enfants n’aimant pas le gâchis.

La décence fait que je ne montrerai pas une photo de mes poignées d’amour.

S’engager dans une SPARTAN RACE BEAST sans entraînement serait cependant irresponsable. Ce défi en est vraiment un pour moi. Outre les 24 kms avec un dénivelé alpin (2400m), il s’agit ici de passer 38 obstacles : Ramper sous des barbelés, monter des murs, marcher 1h en côte avec un sac de sable sur le dos, etc. Une vraie épreuve militaire…

Côté préparation, elle n’a pas été aussi intense que je l’avais prévu à cause notamment de blessures au genou (œdème osseux lors d’un match de football puis tendinite à la patte d’oie) mais j’ai tout de même fait plusieurs trails et semi-marathons, notamment celui d’Eze (19 kms – photos ci-dessous), celui des Merveilles à Breil-sur-Roya (17 kms) et le semi-marathon de Nice (21 kms). De quoi se mettre tout de même en jambe…

7 juillet 2018. 10h. Le jour J est arrivé. Depuis quelques jours, les messages vont bon train dans le groupe Facebook dédié et je suis la risée de tous. Les pronostiqueurs ne mettent pas un copeck sur mon passage à la ligne d’arrivée. « Si tu n’es pas capable de faire des séries de 50 pompes, ce n’est même pas la peine de venir » me lance mon ami Jean-Luc. Il est vrai que pompes et tractions ne sont pas mon fort mais je ne désespère pas. Autour de moi, sur la ligne de départ, je regarde autour de moi : C’est en effet un rassemblement de gladiateurs. Que des corps parfaits ou quasi-parfaits entourent mes bourlets. Je ne suis pas rassuré mais me rappelle aux bons souvenirs de mes défis précédents où la force mentale a souvent pris le pas sur la force physique.

  • « Spartiate, quel est ton métier ? » Lance dynamiquement l’animateur micro à la main
  • « Arooo, Arooo, Arooo » répondent ensemble les participants tel un cri de guerre dont je n’ai toujours pas compris la signification mais qui donne de l’élan.

8500 participants prennent part à cette course. Certains font la SPRINT, d’autres la SUPER, d’autres la BEAST. D’autres enfin la TRIFECTA, les 3 d’un coup sur 2 jours. Un truc de sur-hommes…

A la différence du marathon, mon défi 2014, les obstacles de la Spartan imposent des pauses donnant le temps de récupérer au niveau cardio. L’effort est donc moins intense mais il touche toutes les parties du corps, de tout en haut à tout en bas. Filets à traverser, murs à grimper, première colline à marcher… le premier tiers de la course est physique mais j’arrive en haut de la première montagne à gravir en forme, heureux de profiter d’un superbe panorama avec le Mont-Blanc visible au loin me rappelant mon défi de l’année dernière.

Les premiers soucis physiques débutent au moment de la descente. Ma tendinite à la patte d’oie se réveille. Il me faut donc descendre en faisant attention à ne pas mettre trop de pression sur ma jambe gauche. En bas de la première montagne, un lac nous attend…

Un lac à l’eau fraîche qu’il nous faut traverser avec un tronc d’arbre. Une épreuve pas forcément difficile mais beaucoup en sortent avec les premières crampes. Nous n’en sommes pourtant qu’au tiers de la course.

J’en ressors rafraîchit et avec le sourire. Mais peu après arrive une épreuve qui me l’enlèvera vite : La tyroliène. Certains traversent la longue corde sans difficulté. Pour ma part, trimballer mon dixième de tonne est plus compliqué d’autant plus que je m’y brûle les mains.

  • « Allez Ludo, tu n’es plus très loin, tu peux y arriver »

Mes amis m’encouragent alors que je ne suis effectivement plus très loin. Je n’ai même plus qu’à tendre le bras pour faire bouger la cloche et valider l’épreuve mais patatra, ma main glisse et je m’étale de tout mon long, la tête la première, complètement sonné. Il me faudra quelques secondes pour reprendre mes esprits et repartir. Heureusement, les juges seront cléments avec moi et m’autoriseront sur ce coup à ne pas faire les 30 burpees réglementaires en cas d’échec d’obstacle. Je l’ai échappé belle…

Les burpees, parlons-en ! Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, il s’agit d’une pompe avec une extension derrière. Autant dire que 30 burpees, c’est un effort qu’il vaut mieux éviter quand on part pour une course de plus de 8h. Pour ma part, j’en aurai fait 130 sur la totalité de la course, notamment pour les épreuves de montée à la corde et du twister (voir photos) où j’ai échoué.

Au fil des kilomètres et des obstacles, la fatigue se fait sentir de plus en plus. Une nouvelle colline abrupte à monter teste réellement mes limites physiques. J’y arrive finalement mais y suis accueilli par de lourdes chaînes à mettre autour du coup. J’imaginais plutôt un bon rafraîchissement qu’une telle sentence. Mais celle-ci est irrévocable et destinée à nous achever.

Il n’en est rien. J’absorbe les obstacles sans broncher mais en me disant régulièrement à quel point cette course est une folie. Mais qu’il est bon d’être fou parfois, non ? Un mélange de résignation et de plaisir continue de me faire avancer. De temps en temps, il nous est demandé de soulever ou de tirer des pneus de tracteurs histoire de nous tester à tous les niveaux…

Si j’appréciais le paysage après le kilomètre 8 lorsque j’étais en haut de la première montagne, c’est bien moins le cas à présent en approchant le kilomètre 20. Je ne regarde guère plus que mes pieds en m’assurant qu’ils continuent de me faire avancer dans la bonne direction.

Alors que j’en suis à environ 7h de course et que je vois Morzine et sa ligne d’arrivée à l’horizon, j’entends un coureur dire à un autre :

  • « Allez, plus que le sac de sable à porter et le plus dur sera fait ! »

Un sac de sable à porter ? Sur quelle distance ? Sur de la dénivelé ? Pour combien de temps ? Les questions se bousculent dans ma tête car je n’ai plus guère de force.

  • « Ça vous prendra environ 1h » me dit la responsable de l’obstacle. « Il y a 600m de dénivelé à monter puis vous redescendez« .

Jamais porter 25kgs ne m’ont paru aussi lourd.

  • « Quelle bande d’enfoirés ! Les bâtards…« 

Les noms d’oiseaux fusent au moment où les concurrents prennent conscience de cette épreuve alors qu’ils pensaient avoir fait le plus dur.

A n’en pas douter, ces 600 mètres de dénivelés à monter et descendre avec ce sac de sable seront pour moi parmi les plus difficiles de ma vie (je dis parmi car j’ai eu quelques autres moments galère de la sorte notamment durant l’ascension du Mont-Blanc). A mes côtés, nombre d’autres concurrents s’effondrent littéralement ou sont pris de violentes crampes…

L’épreuve passée, il nous reste tout de même 7-8 obstacles de taille à passer, notamment des grands murs obligeant à chercher nos dernières forces et une traversée de rivière.

Je passerai les épreuves du javelot et de la slackline sans difficulté mais prendrai encore quelques burpees à une épreuve visant à soulever des pneus car il me glissera des mains sur la descente.

Après 8h35, mes amis, arrivés avant moi, m’attendent pour passer ensemble la ligne d’arrivée. Même si les jambes sont lourdes, le défi est relevé à notre plus grand bonheur. La raclette du soir devant un bon match de foot ne sera pas volée.

Nous verrons l’an prochain pour le prochain défi annuel. Quelques jours de repos me seront nécessaires dans l’immédiat !

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